Axes de recherche
Axe 1 : Entrepreneuriat dans les marges

Professeure département de management
Les recherches menées dans cet axe porteront sur l’entrepreneuriat dans des contextes marginaux, qu’ils soient sociaux, professionnels, économiques ou géographiques. Dans ces contextes, l’entrepreneuriat apparaît souvent en réponse à des déficits structurels et des ressources manquantes pour mener à bien certaines activités, pour répondre à certains besoins ou pour mettre en valeur des ressources ou apports individuels et collectifs. En répondant à ces déficits, à ces besoins ou à cette mise en valeur, l’entrepreneuriat transforme le contexte marginal. Il le fait au travers de formes collectives et temporaires d’organisation, de pratiques informelles fondées sur l’entraide et la collaboration et atteint ses résultats en fonction de critères de succès propres à chaque contexte. Cet axe accueillera, par exemple. des recherches sur l’entrepreneuriat dans des secteurs en marge des secteurs traditionnels de l’économie, comme les arts et la culture, où le succès peut se définir par les capacités de l’entrepreneuriat à rendre viables une diversité de formes d’expression artistique et culturelle ainsi qu’à repousser les frontières de cette expression. Il accueillera également des recherches sur l’entrepreneuriat dans des contextes sociaux marginaux, comme des minorités nationales et linguistiques, des petites nations et des petites sociétés, soit des sociétés non-hégémoniques, qui ne définissent pas l’ordre mondial, et où l’entrepreneuriat est étroitement lié à l’autonomie culturelle et économique de la société. Il accueillera de la même façon des recherches sur l’entrepreneuriat dans des régions rurales ou éloignées des centres urbains, de même que l’entrepreneuriat dans des classes sociales et économiques défavorisées ou en émergence et ce, dans le Nord comme dans le Sud.
Quelles formes d’organisation et quelles pratiques nous révèle l’entrepreneuriat dans ces contextes? À quoi répondent ces formes d’organisation et ces pratiques? Que transforment-elles dans chaque contexte? Que nous apprennent-elles sur l’entrepreneuriat, ses motivations et ses résultats? Comment accompagner ou soutenir cet entrepreneuriat sans le teinter des pratiques, des processus, des formes, des motivations et des résultats de l’entrepreneuriat dans des contextes plus centraux?
Axe 2 : Entrepreneuriat, genre et inclusion

Professeure département de management
L’approche genre a d’abord été introduite dans le champ de l’entrepreneuriat via des recherches portant sur les femmes entrepreneures. Ces travaux historiques ont permis de révéler et de comprendre les multiples freins à la création d’entreprises rencontrés par les femmes, dans un contexte culturellement construit autour de valeurs et de normes masculines. De nombreux dispositifs ont vu le jour en termes de soutien à la création d’entreprises, incluant des initiatives de mentorat, de formation, de financement, de réseaux spécifiquement conçus pour un public de femmes entrepreneures. Si ces recherches et dispositifs ciblés restent sans conteste extrêmement utiles pour la recherche et la pratique autour de l’entrepreneuriat féminin, ils sont néanmoins indissociables d’un questionnement plus large portant sur les phénomènes de genre existants dans l’environnement entrepreneurial. Au travers de nos travaux, l’intention est de déplacer le curseur d’analyse au-delà des individus – ‘les femmes entrepreneures’ – et de leurs difficultés ou barrières, afin d’appréhender les dynamiques complexes du genre et de la diversité d’un point de vue systémique. Il s’agit de dépasser le portrait homogène des femmes entrepreneures que la littérature tend à dépeindre.
Premièrement, les travaux développés dans cet axe de recherche s’intéressent aux effets croisés de différentes dimensions contextuelles – incluant des phénomènes de genre, de génération, de culture et de racisation – sur les identités, expériences et pratiques entrepreneuriales des femmes. Deuxièmement, au-delà des mécanismes par lesquels l’environnement freine les femmes entrepreneures, cet axe de recherche s’intéresse aussi à la manière dont les femmes entrepreneures peuvent développer des stratégies de résistance, de contournement ou de redéfinition des systèmes en place. Ce faisant, nous cherchons à identifier et visibiliser les modèles alternatifs, diversifiés, développés par des femmes entrepreneures, qui contribuent ainsi à influencer et à transformer l’écosystème entrepreneurial. Troisièmement, la mobilisation d’approches et de cadres théoriques du genre, développés dans différents champs disciplinaires permet d’enrichir notre compréhension des processus et contextes entrepreneuriaux au sens large. En effet, les ‘lunettes du genre’ apportent un éclairage pertinent et souvent original afin de mieux appréhender de nombreuses problématiques rencontrées en entrepreneuriat.
Axe 3 : L’entrepreneuriat comme activisme


Cet axe de recherche s’intéresse à une problématique émergente dans le domaine considérant que l’entrepreneuriat, comme activisme social et politique, consiste à la fois à déconstruire les imaginaires qui orientent sensiblement les subjectivités entrepreneuriales et à produire et autoriser de nouveaux imaginaires dans les franges du système en place. En somme, l’entrepreneuriat, comme conduite activiste ou mouvement social, peut conduire à disrupter la société, ses normes, ses rituels de pouvoir, dans un projet de transformation. Il vise alors la production de nouveaux intervalles, d’autres lieux, de nouveaux ‘entre’, afin de défaire certaines inégalités à l’œuvre à l’échelon systémique mais aussi passer d’une logique d’exclusion à une dynamique d’émancipation en permettant le déploiement de nouveaux imaginaires collectifs.
Nos travaux examineront notamment des formes alternatives d’entrepreneuriat, non pas dans le champ des entreprises sociales, mais celles qui défient les cadres en place en se situant temporairement au besoin dans les marges de la légalité et de la légitimité, encourageant des questionnements éthiques. Ils considèreront que la frontière entre entrepreneurs marchands et entrepreneurs sociaux est parfois travaillée par des pratiques entrepreneuriales marchandes à impact social, ce qui conduit certains à proposer aujourd’hui un « entrepreneuriat public » au service du bien commun. Ils s’intéresseront à de nouveaux vecteurs de cet activisme entrepreneurial – tels que les réseaux sociaux – qui permettent parfois temporairement à des collectifs fluides et critiques de défier les pratiques en place et d’en faire émerger d’autres. Dans cet axe, il sera enfin question de comprendre comment les pratiques activistes contribuent à défaire les catégories de pensée binaires au premier rang desquelles l’opposition entre l’entrepreneuriat formel et informel, contraint ou opportuniste, dont certaines contribuent à entretenir des assignations identitaires.